Résidences
En cours
Marjorie Garcia
Du 29 septembre au 18 octobre et du 14 février au 8 mars
Résidence d'automne
Pendant sa résidence à la Maison de la Poésie, Cléa Chopard travaille sur plusieurs textes et une micro-édition imprimée en tampons.
Il y a un texte sur la magie, où à travers la reconstitution/fabrication d’une histoire d’amour de l’autrice-narratrice avec un personnage de fiction réel, Cléa Chopard réfléchit aux catégories du réel et de la magie, de la magie comme ressort du réel, de la recherche de formes, de récit, de structures pour faire tenir le monde. C’est (peut-être) aussi un texte sur ses écrits d’adolescente, à l’époque où elle voulait écrire de l’heroic fantasy, sur sa langue d’adolescente, à la recherche d’une intensité qui ferait saigner le réel, et plus généralement sur le récit fantastique et ses lectures d’adolescente, la façon dont elles ont à la fois trouvé et façonné son rapport au monde.
Pour l’instant, c’est un texte qui se déploie comme un oracle, ou en tout cas qui cherche quelque chose autour de cette forme, avec des figures archétypales qui proposent une lecture du monde.
Le deuxième texte sur lequel elle a commencé à travailler est l’écriture d’un scénario de film porno, dont les obstacles d’écriture et de réalisation font émerger la figure du personnage de scène, Tess, ce qui me permet d’entrer dans un texte parallèle sur l’effeuillage burlesque, sujet sur lequel elle veut écrire depuis longtemps. Ce serait un texte sur l’érotisme, les fantasmes, la construction des corps érotisés, les alter egos.
Et il y a les micro-éditions que Cléa Chopard imprime au tampon, ça s’appelle “Le mot, le sort, l’étoile”. Elle a fabriqué des tampons avec les différents éléments de la carte de tarot XVII, “L’étoile”, et chacun des petits livres qu’elle fait est un assemblage unique à partir des cartes, qu’elle tire comme s’il s’agissait de lire le monde à travers elles.
Ensuite, dans chaque livre émerge une “prédiction”, que Cléa Chopard appelle plus généralement dans sa pratique un “poème-médicament”: il s’agit de textes à visée incertaine, formules magiques ou poèmes à le limite du sens, composés à partir d’éléments que je découpe dans des notices de médicament. En décomposant et déjouant le discours de la maladie, du trouble, de l’effet secondaire, il y aurait l’envie de donner symboliquement (et sans y croire) un pouvoir de guérison aux mots.
Un exemplaire de “Le mot, le sort, l’étoile” est disponible à l’emprunt dans la bibliothèque de la Maison de la Poésie.
Cléa Chopard est autrice, traductrice et performeuse.
Son travail a plusieurs facettes : partant généralement du texte, il se matérialise en livre, micro-éditions, performances, pièces sonores ou encore vidéos.
Ses sources de travail sont multiples : littérature, poésie, manuels scientifiques ou médicaux, anthropologie, philosophie, sociologie, traductologie, études féministes, etc.
Elle tente d’inventer une poésie de l’instabilité et de l’ornemental, où les lignes se brisent et composent de nouveaux possibles pour le corps.
Dernières publications : Rhododendron normal : Poèmes ratés, avec Brice Catherin (éditions Grimaces, 2021), Topolalie, chapitre 8 et 10 (travail de micro-édition).
Elle est membre du comité de rédaction de la revue L’Ours Blanc.